Cefalù, belle ville balnéaire de la province de Palerme, se caractérise non seulement par une pittoresque et incontournable promenade en bord de mer, mais aussi et surtout par beaucoup d’histoire et de culture. Parmi les exemples les plus caractéristiques et les plus vivants de sa richesse, une étape incontournable et curieuse est le lavoir médiéval.
Comment se rendre au lavoir médiéval de Cefalù
Pour atteindre le lavoir médiéval de Cefalù, un lieu chargé d’histoire et du charme d’autrefois, il faut passer la plage et – en suivant quelques ruelles intérieures – arriver dans la Via Vittorio Emanuele. Il suffira alors de parcourir la rue jusqu’au Palazzo Martino, d’époque et de style Renaissance tardive. À proximité, toujours le long de Via Vittorio Emanuele, un petit escalier appelé « a lumachella », en pierre de lave, descend vers le lavoir, aujourd’hui recouvert avec le fleuve Cefalino, à la suite de travaux effectués au XVIIe siècle. Non loin de là, on peut visiter la majestueuse cathédrale de Cefalù.
La légende de la rivière Kephalin
Le lavoir est alimenté par les eaux de la rivière Cefalino, qui traverse Cefalù et où les lavandières locales lavaient leur linge. Le nom du fleuve est inscrit sur le côté droit de l’entrée du lavoir : « Ici coule le Cefalino, plus salubre que tout autre fleuve, plus pur que l’argent, plus froid que la neige ». La légende de ses origines – pleine d’allusions romantiques et émouvantes – veut que le fleuve qui traverse Cefalù et son lavoir soit né des larmes incessantes d’une nymphe qui regrettait d’avoir tué son bien-aimé qui l’avait trahie.
À voir à Cefalù : le lavoir médiéval
La structure du lavoir médiéval – avec l’eau qui coule encore dans les vingt-deux bouches en fonte, dont quinze représentent des têtes de lion – recrée immédiatement une atmosphère évocatrice. L’imagination du touriste est immédiatement stimulée et il semble presque entendre les blanchisseuses d’autrefois chanter en frottant et en lavant leur linge dans la rivière, au-delà de l’arche d’entrée (d’inspiration architecturale arabe).
Tous ces éléments – de l’arc au-dessus de l’entrée à la pierre de lave de l’escalier en escargot qui descend de la rue au lavoir, en passant par les bouches de lion en fonte où coule l’eau – rendent l’endroit non seulement attrayant d’un point de vue historique et culturel, mais aussi idéal pour une petite halte rafraîchissante lors d’une promenade à Cefalù.
En effet, la Via Vittorio Emanuele et la rue dite « del fiume » (du fleuve) peuvent être très chaudes à parcourir, surtout en été, ce qui n’enlève rien au fait qu’il vaut la peine de faire un effort pour atteindre le lavoir, le port tout proche et la belle place de la cathédrale.
Fonctionne dans la durée
Il est difficile de déterminer avec exactitude et précision à quelle époque de l’histoire le lavoir de la ville de Cefalù a été construit ; ce qui est certain, c’est qu’il s’agit d’un exemple admirable, tout à fait sicilien, d’ingénierie hydraulique médiévale. Ce que l’on sait, c’est qu’à l’époque moderne, en 1514, le lavoir a été démoli et reconstruit dans une position plus reculée, en référence aux murs de la ville. En outre, un siècle plus tard, vers 1600, il a été recouvert : en effet, la rivière Cefalino coulait à ciel ouvert à cet endroit, alors qu’aujourd’hui le lavoir est souterrain. D’autres travaux de restauration (tant esthétiques qu’hydrauliques) ont été effectués au cours du XXe siècle et se sont achevés en 1991, lorsque la structure a été restaurée et peut aujourd’hui être visitée par tout touriste à la recherche d’un témoignage des lieux et de la vie médiévale de l’île sicilienne.